En Türkiye, c'est le port qui détermine le tribunal. Pour un navire battant pavillon étranger, la saisie ne peut être ordonnée que par le tribunal du lieu où il est au mouillage, amarré à une bouée, à quai ou sur cale (CCT, art. 1355) ; pour un navire battant pavillon turc, par ce tribunal ou par celui du port d'immatriculation (CCT, art. 1354). L'office d'exécution du même lieu exécute l'ordonnance (CCT, art. 1364), et la capitainerie du port en est avisée (CCT, art. 1366). Ce guide explique comment cela fonctionne dans les quinze ports de ce site, et ce que cela change pour un créancier.
Pourquoi le pavillon ne décide pas
La règle du Code pour les navires battant pavillon étranger est exclusive : aucun autre tribunal turc ne peut ordonner la saisie (CCT, art. 1355), et un tribunal turc est compétent pour l'ordonner même si le contrat renvoie à un arbitrage ou à une juridiction étrangère et même si un droit étranger régit la créance (CCT, art. 1356). Si une action au fond est déjà pendante à l'étranger, la saisie est néanmoins demandée au tribunal du port jusqu'au jugement ou à la sentence définitifs (CCT, art. 1357). À défaut de for convenu, le tribunal de la saisie connaît ensuite aussi de l'action au fond et l'office d'exécution qui a exécuté conduit l'exécution (CCT, art. 1359).
Quel tribunal dans quel port
Lorsqu'il existe plusieurs tribunaux de commerce, le Conseil des juges et des procureurs peut en affecter un ou plusieurs exclusivement aux affaires de commerce maritime et d'assurance maritime (CCT, art. 5). Il l'a fait à Istanbul et à İzmir : à Istanbul, où depuis juillet 2026 un ensemble unique de tribunaux de commerce siégeant au palais de justice de Çağlayan couvre toute la province, les affaires maritimes relèvent du 17e tribunal de commerce, et à İzmir du 5e tribunal de commerce, dont la compétence couvre toute la province, Aliağa comprise.
- Tribunaux de commerce provinciaux. Ailleurs, le tribunal de commerce de première instance compétent pour le port est le tribunal du port : Kocaeli (Gebze pour son propre ressort), Tekirdağ, Bursa pour Gemlik, Muğla pour Bodrum, Marmaris et Fethiye, Antalya, Mersin, İskenderun pour tout le Hatay, Samsun et Trabzon.
- Pas de tribunal de commerce. Lorsqu'il n'en siège aucun — à Çanakkale — le tribunal civil de première instance connaît des affaires commerciales (CCT, art. 1292).
Les affectations des tribunaux sont fixées par le Conseil et évoluent de temps à autre ; nous confirmons le tribunal lors du dépôt. Chaque page portuaire indique le tribunal, l'office d'exécution et la capitainerie du port, et l'outil donne la même réponse à partir du nom du port.
Ce que cela change pour le créancier
- Navire au mouillage. Un navire qui attend au mouillage — dans les mouillages des détroits à Çanakkale ou au large du Bosphore, ou en rade de Mersin ou de Samsun — est saisi par le tribunal du lieu du mouillage. Un navire en transit n'est pas au mouillage ; l'ordonnance peut encore être exécutée avec l'aide des garde-côtes jusqu'à ce qu'il quitte les eaux turques (CCT, art. 1367), mais la requête doit être présentée là où il se trouve.
- Trois jours ouvrables. L'ordonnance doit être portée à l'office d'exécution dans les trois jours ouvrables, faute de quoi elle devient caduque (CCT, art. 1364). Déposer la requête au bon palais de justice, près de l'office d'exécution qui agira, est ce qui rend cela possible.
- Navires frères. Lorsque le navire auquel se rattache la créance n'est pas en Türkiye mais qu'un autre navire de la personne tenue s'y trouve, la requête est portée devant le tribunal du port où se trouve ce navire (CCT, art. 1355, 1369).
- Abordages. Les preuves peuvent être conservées avant toute action par le tribunal de commerce du lieu de l'abordage — à Istanbul, le tribunal chargé des affaires maritimes (CCT, art. 1292).
- Créances d'équipage au titre de la loi sur le travail maritime. Pour un navire battant pavillon turc, les litiges relatifs au contrat d'engagement relèvent du tribunal du travail du port d'immatriculation, sauf stipulation contraire du contrat (loi n° 854, art. 46) ; la saisie reste toutefois demandée là où se trouve le navire.
Mises à jour de ce guide
17 septembre 2026
Première publication, d'après les art. 1292, 1354–1359, 1364–1369 du CCT et l'art. 46 de la loi n° 854.
Questions des lecteurs
Le navire se déplace entre deux ports turcs. Où déposer la requête ?
Là où il se trouvera lorsque l'agent d'exécution pourra l'atteindre. Le tribunal du lieu où le navire est au mouillage, amarré ou à quai est compétent (CCT, art. 1355) ; le trafic géré par la capitainerie et les informations d'accostage de l'agent déterminent le port, et l'ordonnance est portée à l'office d'exécution dans les trois jours ouvrables (CCT, art. 1364).
Puis-je déposer la requête à Istanbul pour un navire se trouvant à Mersin ?
Non. Pour un navire battant pavillon étranger, seul le tribunal du lieu où il se trouve peut ordonner la saisie (CCT, art. 1355). Nous préparons la requête à Istanbul et la déposons par l'intermédiaire d'un avocat correspondant à Mersin, qui accompagne aussi l'agent d'exécution jusqu'au navire.
